Atelier de Gilbert Quélennec = ISSN 2556-5362


" En tous cas, je ne peux pas m'imaginer que les grandes formes anciennes (quatuor à cordes, symphonie, oratorio, etc.) pourront jouer un rôle quelconque. Si quelque chose advient, cela devra - je crois - être simple, transparent. "
Wittgenstein







samedi 17 octobre 2026

texte: Gilbert Quélennec, Là où les pierres regardent le ciel (Where the Stones Look at the Sky)

 

 

Gilbert Quélennec, Là où les pierres regardent le ciel 

Gilbert Quélennec, Where the Stones Look at the Sky

texte pour mon post: Gilbert Quélennec, musiques autour de l'archéoastronomie (et diffusions à la radio) + influence 8 : L'astrophysique et l'archéoastronomie



 



Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362 

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Gilbert Quélennec, Là où les pierres regardent le ciel 

  

Il y a des pierres qui se souviennent de nuits que nul vivant n’a connues. On les a dressées quand les hommes demandaient encore leur chemin aux étoiles.

Quelqu’un a posé celle-ci dans l’axe exact d’un soleil mourant. Quelqu’un, au fond d’un temple, attendait que la lumière vienne toucher le visage du dieu.

À Stonehenge, l’hiver retient son souffle. Le soleil du jour le plus court passe entre deux pierres, et s’en va.

Sous les forêts du Yucatán, les Mayas comptaient les pas de Vénus, les retours de la Lune, les rendez-vous du maïs et de la pluie. Dans leurs nombres dort une musique que nous entendons mal.

À Angkor, le Soleil revient à sa fenêtre.

Nous arrivons avec nos instruments. Nous mesurons les angles, nous refaisons les anciennes nuits.

Il manque le regard d’un prêtre avant l’aube. La peur devant l’éclipse. Le nom secret d’une étoile, que personne n’a écrit.

Sous le ciel d’octobre, je pense aux mains qui ont taillé les pierres, et qui ont attendu, parfois toute une vie, qu’un astre vienne leur répondre.

L’ombre glisse sur le sol. L’aube revient sans mémoire.

La dernière lumière s’éteint. Les pierres ne disent rien. Au-dessus d’elles, les étoiles avancent, fidèles à leur lente traversée.

  



Gilbert Quélennec, Where the Stones Look at the Sky

 

There are stones that remember nights no one living has known. They were raised when people still asked the stars the way.

Someone set this one in the exact line of a dying sun. Someone, deep inside a temple, waited for the light to come and touch the face of the god.

At Stonehenge, winter holds its breath. The sun of the shortest day passes between two stones, and is gone.

Beneath the forests of the Yucatán, the Maya counted the steps of Venus, the returns of the Moon, the rendezvous of maize and rain. In their numbers sleeps a music we only half hear.

At Angkor, the Sun comes back to its window.

We arrive with our instruments. We measure the angles, we piece the old nights back together.

What is missing is a priest’s gaze before dawn. The fear at an eclipse. The secret name of a star, which no one ever wrote down.

Beneath the October sky, I think of the hands that cut the stones, and that waited, sometimes a whole lifetime, for a star to answer them.

The shadow slides across the ground. Dawn returns without memory.

The last light goes out. The stones say nothing. Above them, the stars move on, faithful to their slow crossing.

 

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voir également:  

audio: Gilbert Quélennec, musiques autour de l'archéoastronomie (et diffusions à la radio) + influence 8 : L'astrophysique et l'archéoastronomie



 

 

 

 

 


 

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