Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362
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Gilbert Quélennec, Les gestes du vide
Presque rien.
Une cavité.
Deux surfaces.
Une distance si petite
que le vide hésite
entre deux parois.
On approche le silence.
On le comprime.
On le refroidit.
Il a des états.
Des absences qui ne sont pas absentes.
Une énergie manque.
Une autre apparaît.
Une balance attend.
Rien ne bouge.
Ou presque rien.
Un déplacement plus petit
que le bruit du monde.
Tout corps plongé dans le vide
reçoit
on ne sait pas encore quoi.
Le vide pousse
sans pousser,
dans plusieurs directions
à la fois.
Le vide devient
un tenseur.
Une masse immobile
dans un espace
qui ne l'est plus tout à fait.
L'espace se courbe
à peine.
Des horloges.
Des miroirs.
Une lumière qui part
et revient
avec une différence.
Minuscule.
Le vide
a laissé une trace.
Quelque chose de petit,
suspendu,
refroidi,
qui hésite entre deux chemins.
La masse avance.
L'espace lui répond.
Ou avance avec elle.
On pousse un objet.
Il résiste.
Peut-être pas seul.
On accélère.
Quelque chose répond.
On change le vide.
Quelque chose devrait changer.
La balance attend.
L'interféromètre attend.
La masse attend.
Le vide attend.
Un espace qui se contracte.
Un autre qui s'étend.
On dessine une métrique.
Pressions.
Flux.
Contraintes.
Le papier
ne fait rien bouger.
Il manque une expérience.
Le vide préparé,
le vide changé,
l'espace qui répond,
la masse qui sent,
le mouvement qui dévie.
Une différence
mesurée avant
qu'on lui donne un nom.
Alors seulement
un vieux mot
pourrait revenir.
Un objet
qui ne tomberait plus
tout à fait.
Il n'aurait pas oublié
le sol.
Pour un instant,
c'est le sol
qui aurait oublié
comment le retenir.
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Gilbert Quélennec, The Gestures of the Vacuum
Almost nothing.
A cavity.
Two surfaces.
A distance so small
that the vacuum hesitates
between two walls.
We draw near to the silence.
We compress it.
We cool it.
It has states.
Absences that are not absent.
An energy goes missing.
Another appears.
A balance waits.
Nothing moves.
Or almost nothing.
A displacement smaller
than the noise of the world.
Any body immersed in the vacuum
experiences
we do not yet know what.
The vacuum pushes
without pushing,
in several directions
at once.
The vacuum becomes
a tensor.
A still mass
in a space
no longer quite still.
Space curves
barely.
Clocks.
Mirrors.
A light that leaves
and returns
with a difference.
Minute.
The vacuum
has left a trace.
Something small,
suspended,
cooled,
hesitating between two paths.
The mass moves forward.
Space answers it.
Or moves forward with it.
We push an object.
It resists.
Perhaps not alone.
We accelerate.
Something answers.
We change the vacuum.
Something ought to change.
The balance waits.
The interferometer waits.
The mass waits.
The vacuum waits.
A space that contracts.
Another that expands.
We draw a metric.
Pressures.
Fluxes.
Stresses.
The paper
makes nothing move.
An experiment is missing.
The vacuum prepared,
the vacuum changed,
space that answers,
the mass that feels,
the motion that deviates.
A difference
measured before
it is given a name.
Only then
might an old word
return.
An object
that would no longer
quite fall.
It would not have forgotten
the ground.
For an instant,
it would be the ground
that had forgotten
how to hold it.
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voir également: audio et textes: Gilbert Quélennec, Projet Vide quantique — énergie du point zéro