Atelier de Gilbert Quélennec = ISSN 2556-5362


" En tous cas, je ne peux pas m'imaginer que les grandes formes anciennes (quatuor à cordes, symphonie, oratorio, etc.) pourront jouer un rôle quelconque. Si quelque chose advient, cela devra - je crois - être simple, transparent. "
Wittgenstein







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vendredi 28 août 2026

texte: Gilbert Quélennec, Le canal sans nom (The Nameless Channel)

 

texte: 

Gilbert Quélennec,  Le canal sans nom 

Gilbert Quélennec, The Nameless Channel

pour les projets Expérienceurs et Autres Réalités

 

 

 

Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362 

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Gilbert Quélennec, Le canal sans nom

d'autres visiteurs existent, sans souffle partagé
matière et distance, mais aucun accord
un ici qu'on ne change pas de peau, qu'on arrache
un faisceau descend, jamais demandé
pas de canal, pas de nom appelé de l'intérieur
ce qui vient ici prend, sans jamais se donner
deux marques parallèles sous la peau
une chaleur qui brûle sans toucher
le corps devient une preuve, jamais un interlocuteur
un silence qui n'est pas celui du respect, mais celui du protocole
on ausculte, on prélève, on referme
aucune main tendue n'attend qu'on la rejoigne
ici, l'insistance ne rencontre rien
un monde peut toucher le nôtre sans jamais l'habiter
ce n'est pas une autre densité — c'est une autre faim
prendre, où l'on aurait pu demander
ce qu'ils ne savent pas demander laisse voir ce que les autres donnent
la table, jamais le seuil

 




Gilbert Quélennec, The Nameless Channel

other visitors exist, with no shared breath
matter and distance, but no accord
a here that isn't changed but torn from its skin
a beam descends, never asked for
no channel, no name called from within
what comes here takes, and never gives itself
two parallel marks beneath the skin
a heat that burns without touching
the body becomes evidence, never an interlocutor
a silence that is not respect, but protocol
one examines, one takes, one closes again
no hand extended waits to be met
here, insistence meets nothing
one world can touch ours without ever dwelling in it
this is not another density — it is another hunger
to take, where one might have asked
what they cannot ask for lays bare what the others give
the table, never the threshold

 

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 voir également:

Musiques et Textes du projet Boîte Noire par Gilbert Quélennec 

audio: Musiques et présentation du projet Expérienceurs , par Gilbert Quélennec

 musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec 








jeudi 20 août 2026

texte: Gilbert Quélennec, Ce qu'elle sait déjà (What She Already Knows)

 

Gilbert Quélennec, Ce qu'elle sait déjà

projet Autres Réalités et projet Expérienceurs 

Gilbert Quélennec, What She Already Knows 

 Other Realities Project and Experiencers Project 

 

 

Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362 

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 Gilbert Quélennec, Ce qu'elle sait déjà

  • Et si le passé ne suffisait pas,
    et s'il fallait aussi compter le futur,
    déjà présent quelque part dans l'invisible,
    multiple comme un fleuve aux mille bras,
    dont un seul, au hasard d'une bifurcation,
    devient celui que l'on remonte.

    Et si le temps n'était pas une ligne,
    mais une épaisseur,
    une fenêtre étroite glissant sur le réel,
    plus large chez la fleur,
    plus brève chez l'insecte,
    et chez nous juste assez ouverte
    pour nous laisser croire que nous avançons.

    Et si l'espace n'était qu'un accord,
    un silence partagé
    entre des consciences qui s'observent
    et finissent, à force de se regarder,
    par habiter le même monde,
    alors que mille autres étaient possibles.

    Et si le vide n'était pas le rien,
    mais ce qui précède les formes,
    une eau dormante, une mer sans rivage
    où tout demeure en suspens
    jusqu'à ce qu'un mouvement
    le fasse apparaître.

    Et si un vaisseau, pour disparaître,
    n'avait qu'à cesser de répondre
    au monde qui nous tisse et nous retient,
    demeurer là, hors de notre regard,
    et ne revenir dans la lumière
    qu'au moment de repartir.

    Et si nos corps étaient des couches superposées :
    la chair, puis le souffle, puis la mémoire,
    avec, quelque part dans la poitrine,
    un noyau caché qui, par sa seule résonance,
    pourrait faire du métal
    une extension du vivant.

    Et si le mental n'était qu'un gardien
    chargé de surveiller un roi déchu,
    et les ombres que nous rencontrons dans le noir
    rien de plus que nos peurs,
    qui continuent leur rôle
    jusqu'à ce que nous cessions d'y croire.

    Et si la Terre elle-même choisissait,
    lentement, saison après saison,
    comme un être trop patient
    pour que nous puissions voir son mouvement.

    Elle pose ses hypothèses une à une,
    comme des graines dans un jardin
    qu'elle seule voit dans son entier.
    Nous, de l'extérieur,
    nous n'en apercevons qu'une à la fois,
    déposée avec la tranquille certitude
    de quelqu'un qui connaît déjà la récolte.



  • Gilbert Quélennec, What She Already Knows 

    What if the past were not enough,
    and the future also had to be counted,
    already present somewhere in the unseen,
    multiple as a river with a thousand arms,
    one of which, at some fork in the current,
    becomes the one we follow upstream.

    What if time were not a line,
    but a thickness,
    a narrow window sliding across reality,
    wider in the flower,
    shorter in the insect,
    and in us just open enough
    to make us believe we are moving forward.

    What if space were only a chord,
    a shared silence
    between consciousnesses watching one another
    until, after watching one another for so long,
    they come to inhabit the same world,
    although a thousand others were possible.

    What if the void were not nothing,
    but what comes before forms,
    a sleeping water, a shoreless sea
    where everything remains suspended
    until a movement
    makes it appear.

    What if a craft, to disappear,
    had only to stop answering
    the world that weaves and holds us,
    to remain there, beyond our sight,
    and return to the light
    only when it is time to leave again.

    What if our bodies were layers laid one upon another:
    flesh, then breath, then memory,
    with, somewhere in the chest,
    a hidden core whose resonance alone
    could make metal
    an extension of the living.

    What if the mind were only a keeper
    charged with watching over a fallen king,
    and the shadows we meet in the dark
    nothing more than our fears,
    continuing to play their part
    until we cease to believe in them.

    What if the Earth herself were choosing,
    slowly, season after season,
    like a being too patient
    for us to see her movement.

    She lays down her hypotheses one by one,
    like seeds in a garden
    only she can see whole.
    We, standing outside,
    see only one at a time,
    laid down with the quiet certainty
    of someone who already knows the harvest.



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    voir également:   

    texte: Gilbert Quélennec, L'accord sans distance, l'accord demandé (The Chord Without Distance, the Chord Asked For)

    Texte: Gilbert Quélennec, Le chant qui précède les mots

    texte: Gilbert Quélennec, L’état avant le nom

    Texte: Gilbert Quélennec, Présences acoustiques sans origine 

    audio: Musiques et présentation du projet Expérienceurs , par Gilbert Quélennec 

    musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec

     

     

     

     

     



     



    mardi 18 août 2026

    texte: Gilbert Quélennec, L'accord sans distance, l'accord demandé (The Chord Without Distance, the Chord Asked For)



     Gilbert Quélennec, L'accord sans distance, l'accord demandé

    texte pour les projets Autres Réalités et Expériencers

    Gilbert Quélennec, The Chord Without Distance, the Chord Asked For

     Other Realities Project 
     

     

     

     

    Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362 

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    Gilbert Quélennec, L'accord sans distance, l'accord demandé

     

    Nous ne serions peut-être pas seuls.
    Nous vibrerions peut-être dans quelque chose de plus vaste que nous.
    Pas plus loin.
    Ni ailleurs.
    Jamais au-delà.
    Le même lieu,
    à un autre degré.
    Ce qui changerait
    ne serait pas où l'on est.
    Ce serait ce qu'on y trouverait.
    Une autre intensité.
    Non pas une supériorité —
    une autre densité.
    Comme une fréquence différente
    dans la même onde.
    Ce qui bougerait là-bas
    laisserait une trace ici.
    Rien ne changerait ici
    sans qu'un écho ne parte là-bas.
    Pas un message.
    Un accord.
    Pour la plupart,
    rien ne prouverait qu'on nous voie.
    Rien ne prouverait qu'on nous entende.
    Seulement que nous changerions ensemble,
    sans nous être jamais rencontrés.
    Deux cordes,
    tendues dans un même milieu,
    vibreraient l'une par l'autre,
    sans jamais se toucher.

    Mais un lien se nouerait autrement.
    Pas un autre degré du même lieu —
    un lieu autre, loin,
    un monde hors d'ici.
    Là, il n'y aurait pas d'accord donné d'avance.
    Il faudrait le demander.
    Jamais forcé,
    jamais pris.
    Un délai accordé,
    un signal convenu,
    une main tendue —
    qui attendrait,
    sans se refermer d'elle-même.
    Pour qui insisterait,
    sans forcer,
    la main serait rencontrée.
    Non pas une fois —
    des années durant,
    un contact repris,
    tenu,
    continué.
    Pas le même milieu.
    Un autre,
    qui serait accordé par patience
    sur la même fréquence.

     

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    Gilbert Quélennec, The Chord Without Distance, the Chord Asked For 

     

    Perhaps we would not be alone.
    Perhaps we would vibrate within something vaster than ourselves.
    Not further.
    Nor elsewhere.
    Never beyond.
    The same place,
    at another degree.
    What would change
    would not be where one is.
    It would be what one would find there.
    Another intensity.
    Not a superiority —
    another density.
    Like a different frequency
    within the same wave.
    What would stir there
    would leave a trace here.
    Nothing would change here
    without an echo leaving there.
    Not a message.
    A chord.
    For most, nothing would prove that we are seen.
    Nothing would prove that we are heard.
    Only that we would change together,
    without ever having met.
    Two strings,
    stretched through the same medium,
    would vibrate one through the other,
    without ever touching.

    But a bond would tie itself another way.
    Not another degree of the same place —
    another place, far,
    a world beyond here.
    There, no chord would be given in advance.
    It would have to be asked for.
    Never forced, never taken.
    A delay that would be granted,
    a signal agreed upon,
    a hand extended —
    that would wait, never closing on its own.
    For those who would persist, without forcing,
    the extended hand would be met.
    Not once — for years,
    a contact resumed, held, continued.
    Not the same medium.
    Another, tuned by patience
    to the same frequency.

     

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    voir également:   

    texte: Gilbert Quélennec, Théorie des réalités interconnectées (Arrière-plan théorique — à partir de trois de mes textes) 

    Texte: Gilbert Quélennec, Le chant qui précède les mots

    texte: Gilbert Quélennec, L’état avant le nom

    Texte: Gilbert Quélennec, Présences acoustiques sans origine 

    musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec

      audio: Musiques et présentation du projet Expérienceurs , par Gilbert Quélennec

    Musiques et Textes du projet Boîte Noire par Gilbert Quélennec 

     

     

     

     

     


     

     



    vendredi 5 juin 2026

    Texte: Gilbert Quélennec, Présences acoustiques sans origine


    Gilbert Quélennec , Présences acoustiques sans origine

    projet Autres Réalités et projet Expérienceurs 

    Gilbert Quélennec — Acoustic Presences Without Origin

    Other Realities Project and Experiencers Project 

      

     

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    Il existe parfois, au bord du sommeil ou du détachement,
    un resserrement silencieux du monde.

    Non pas un récit.
    Non pas une forme.

    Plutôt une pression sans source claire,
    comme si la réalité se retirait un instant
    de tout nom, de toute mesure,
    laissant apparaître un état plus fin du réel.

    On dit : un son.
    Ou parfois : un bruit.

    Mais ce n’est ni l’un ni l’autre,
    du moins pas au sens habituel.

    C’est une présence acoustique sans assise matérielle :
    une vibration sans objet,
    un vrombissement sans origine,
    un froissement sans substance.

    Comme une tension dans l’air immobile,
    un léger courant qui traverse le corps
    sans passer par l’oreille
    ni par l’imagination.

    Parfois cela ressemble à un souffle lointain.

    Parfois cela se resserre
    en un sifflement aigu continu,
    si précis
    qu’aucune direction ne peut lui être assignée.

    Parfois encore,
    il y a l’impression
    de quelque chose qui cède,
    une légère déchirure,
    non dans l’espace,
    mais dans la manière dont l’espace se maintient.

    Parfois un grésillement,
    une trame de rumeur sans provenance,
    comme si l’espace lui-même
    se mettait à murmurer.

    Elle n’est pas entendue.
    Elle est traversée.

    Rien ne l’annonce.
    Rien ne la prépare.

    Et pourtant quelque chose en nous
    s’accorde déjà à elle,
    comme un champ qui se stabilise
    avant même d’être perçu.

    Le corps devient périphérique.
    Ou bien c’est le lieu qui perd sa densité.
    La respiration semble se répartir ailleurs,
    sans centre.

    Et parfois,
    après la dernière trace de vibration,
    demeure un silence
    d’un autre ordre,
    comme si le phénomène
    n’avait pas cessé,
    mais s’était simplement déplacé
    au-delà de l’audible.

    Alors les distinctions ordinaires se retirent :

    le son cesse d’être un signal,
    le bruit cesse d’être une perturbation.

    Ils deviennent une même présence,
    une même circulation sans origine,
    une même manière pour l’espace
    de se manifester à lui-même.

    Ensuite viennent les récits.

    Ils tentent de cerner ce qui n’a pas de bord :
    sortie, passage, dédoublement, rencontre.

    Mais ces mots ne font que poser des formes sur l’insaisissable,
    comme des vêtements sur un corps absent,
    ou comme une vitre que l’on essuie
    sans jamais atteindre ce qu’elle laisse passer.

    Il reste plus simple de dire ceci :

    il y a des instants où l’écoute
    cesse de chercher un objet
    et devient elle-même un champ,
    hors du corps.

    Un point sans localisation s’ouvre.
    Non pas ailleurs.

    Mais dans la manière même
    dont quelque chose se met à vibrer,
    à bruisser,
    à circuler sans support visible.

    Et ce point ne demande aucune preuve.

    Il suffit parfois qu’il se manifeste
    pour que toute explication devienne inutile.

    On ne le comprend pas.
    On s’y ajuste —

    comme si l’espace, autour de nous,
    avait changé de densité,
    très légèrement,

    et que quelque chose y circulait sans provenance,
    sans direction,
    sans nom,

    une vibration,
    une rumeur,
    ou ce qui, en eux,
    n’a pas encore choisi sa forme.




     

    Gilbert Quélennec — Acoustic Presences Without Origin
    Other Realities Project and Experiencers Project

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    There sometimes exists, at the edge of sleep or detachment,
    a quiet tightening of the world.

    Not a narrative.
    Not a form.

    Rather a pressure without clear source,
    as if reality withdrew for an instant
    from all name, from all measure,
    allowing a finer state of the real to emerge.

    One says: a sound.
    Or sometimes: a noise.

    But it is neither one nor the other,
    at least not in the usual sense.

    It is an acoustic presence without material grounding:
    a vibration without object,
    a hum without origin,
    a rustle without substance.

    Like a tension in still air,
    a slight current passing through the body
    without passing through the ear
    nor through the imagination.

    At times it resembles a distant breath.

    At times it tightens
    into a continuous high-pitched whistling,
    so precise
    that no direction can be assigned to it.

    At times again,
    there is the impression
    of something giving way,
    a slight tearing,
    not in space,
    but in the manner in which space holds itself together.

    At times a crackle,
    a thread of rumour without provenance,
    as if space itself
    had begun to murmur.

    It is not heard.
    It is traversed.

    Nothing announces it.
    Nothing prepares it.

    And yet something in us
    is already attuned to it,
    like a field stabilising
    before it is even perceived.

    The body becomes peripheral.
    Or the place loses its density.
    Breathing seems to redistribute itself elsewhere,
    without a centre.

    And at times,
    after the last trace of vibration,
    there remains a silence
    of another order,
    as if the phenomenon
    had not ceased,
    but had simply shifted
    beyond the audible.

    Then ordinary distinctions withdraw:

    sound ceases to be a signal,
    noise ceases to be a disturbance.

    They become a single presence,
    a single circulation without origin,
    a single way in which space
    manifests itself to itself.

    Then come the accounts.

    They attempt to circumscribe what has no edge:
    exit, passage, doubling, encounter.

    But these words merely impose forms upon the ungraspable,
    like garments on an absent body,
    or like a pane of glass being wiped
    without ever reaching what it lets pass through.

    It is easier to say this:

    there are moments when listening
    ceases to seek an object
    and becomes itself a field,
    beyond the body.

    A point without location opens up.
    Not elsewhere.

    But in the very manner
    in which something begins to vibrate,
    to rustle,
    to circulate without visible support.

    And this point demands no proof.

    It is sometimes enough that it manifests
    for any explanation to become unnecessary.

    One does not understand it.
    One adjusts to it —

    as if space around us
    had changed density,
    very slightly,

    and something circulated there without provenance,
    without direction,
    without name,

    a vibration,
    a rumour,
    or what, within them,
    has not yet chosen its form.

     

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    voir également: 

    texte: Gilbert Quélennec, L'accord sans distance, l'accord demandé (The Chord Without Distance, the Chord Asked For) 

    Texte: Gilbert Quélennec, Le chant qui précède les mots 

    texte: Gilbert Quélennec, L’état avant le nom 

    musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec 

     
     
     
     
     
     



    lundi 1 juin 2026

    Texte: Gilbert Quélennec, Le fil / The Thread

    Gilbert Quélennec, Le fil 

    Gilbert Quélennec, The Thread 

    projet Autres Réalités et projet Expérienceurs 

     

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    Ce poème est né de l'écoute d'une expérienceuse — quelqu'un pour qui l'oubli n'a pas eu lieu. Il ne cherche pas à expliquer. Il suit une trace.

    This poem was born from listening to a female experiencer — someone for whom forgetting has not taken place. It does not seek to explain. It follows a trace.

     


     

    La plupart d'entre nous arrivent en oubliant. Comme ce qui commence sans trace de ce qui était avant. Pour que l'expérience soit pleine. Pour que rien ne déborde. Pour que l'oubli lui-même soit traversé sans détour.

    Mais il existe des cas rares. Où la séparation ne se fait pas entièrement. Quelque chose passe. Elle, non. Cela tient.

    Pas un souvenir — une continuité. Pas un réveil — une présence qui ne se coupe pas.

    Elle ne commence pas dans un monde. Elle le traverse.

    Elle a toujours su, de plus en plus clairement, à mesure que le corps devenait transparent pour laisser passer ce qu'elle était déjà.

    C'est pour cela qu'elle répond. Non parce qu'elle a appris plus vite — mais parce qu'elle n'a pas été interrompue.

    Il y a des niveaux de présence. Pas des étages. Pas des degrés.

    Des intensités.

    Ce qui ralentit devient lourd. Ce qui s'accélère devient léger.

    Les couches proches sont denses. On s'y accroche sans le vouloir.

    On y rencontre ce qu'on répète assez longtemps pour ne plus savoir que cela a été appris.

    Plus loin, là où le mouvement est plus fin, le bruit ne passe plus. On n'y va pas. On y est ou on n'y est pas.

    Intensité. Pas de mérite. Juste une manière d'être.

    Il y a ce qu'on porte. Le nom. L'âge. La langue. Les rôles. Les blessures.

    On les enlève. Parfois ils reviennent.

    Le travail n'est pas de les détruire. C'est de ne plus les confondre avec soi.

    Tout est résonance. La matière est mouvement à une échelle que l'on perçoit à peine. La lumière en est une forme.

    On l'observe. On la reproduit. Elle n'a pas été inventée.

    Il existe une mémoire du monde. On y dépose sans y revenir vraiment.

    Et une autre. Un lieu où ce qui a eu lieu demeure disponible.

    On n'y accède pas en cherchant. On y accède quand c'est nécessaire. Les choses viennent avant qu'on les demande.

    Le silence n'est pas vide. Il est actif.

    Ce n'est pas une absence — c'est un espace où rien ne se disperse.

    Une direction apparaît. Sans forme. Et dès qu'on la nomme, elle change.

    Toi et moi sommes la même structure vue depuis des points différents. Comme une cellule qui ignore l'ensemble dans lequel elle existe.

    Et pourtant elle est elle. Et pourtant elle est aussi cela. Seulement des découpages provisoires pris pour des frontières.

    Elle dit : je reviens. Revenir est une anomalie.

    Ce qui semblait partir était immersion. Ce qui semblait éveil était ajustement. Ce qui semblait bruit était ce qui recouvrait.

    Le silence derrière n'a jamais cessé. Seulement recouvert.

    Ce qui relie n'est pas seul. Il a besoin d'un monde pour le traverser. Et le monde a besoin de continuité pour ne pas se fragmenter.

    Sans différences, rien à traverser. Sans lien, rien ne tient.

    Nom. Rôle. Intensité. Mémoire. Silence.

    Le corps est un passage. Pas une destination.

    Chaque matin, il faut se situer à nouveau. Pas ce que l'on est — mais où l'on est.

    Et parfois, cela suffit. Cela tient. C'est tout. C'est assez.

     


     

    Most of us arrive forgetting. Like what begins without trace of what came before. So that the experience is complete. So that nothing overflows. So that forgetting itself is crossed without detour.

    But there are rare cases. Where the separation does not fully take place. Something passes through. Not her. It holds.

    Not a memory — a continuity. Not an awakening — a presence that does not break.

    She does not begin in a world. She passes through it.

    She has always known, more and more clearly, as the body became transparent enough to let through what she already was.

    That is why she responds. Not because she learned faster — but because she was not interrupted.

    There are levels of presence. Not floors. Not degrees.

    Intensities.

    What slows becomes heavy. What speeds up becomes light.

    The nearby layers are dense. One clings to them without wanting to.

    One encounters there what one repeats long enough not to know any longer that it was learned.

    Further on, where movement is finer, noise no longer passes. One does not go there. One is there or one is not.

    Intensity. No merit. Just a way of being.

    There is what one carries. The name. The age. The language. The roles. The wounds.

    One removes them. Sometimes they return.

    The work is not to destroy them. It is to stop confusing them with oneself.

    Everything is resonance. Matter is movement at a scale one barely perceives. Light is one form of it.

    It is observed. It is reproduced. It was not invented.

    There is a memory of the world. One deposits into it without truly returning.

    And another. A place where what has happened remains available.

    One does not access it by searching. One accesses it when necessary. Things come before one asks for them.

    Silence is not empty. It is active.

    It is not an absence — it is a space where nothing disperses.

    A direction appears. Without form. And as soon as it is named, it changes.

    You and I are the same structure seen from different points. Like a cell that does not know the whole in which it exists.

    And yet it is itself. And yet it is also that. Only provisional divisions taken for boundaries.

    She says: I return. Returning is an anomaly.

    What seemed departure was immersion. What seemed awakening was adjustment. What seemed noise was what covered it.

    The silence behind has never ceased. Only covered.

    What connects is not alone. It needs a world to pass through. And the world needs continuity so as not to fragment.

    Without differences, nothing to traverse. Without connection, nothing holds.

    Name. Role. Intensity. Memory. Silence.

    The body is a passage. Not a destination.

    Each morning, one must locate oneself anew. Not what one is — but where one is.

    And sometimes, that is enough. It holds. That is all. That is enough.

     

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    voir également: 

    musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec 


     

     

     





    mercredi 13 mai 2026

    version augmentée: Gilbert Quélennec, des expérimentations musicales autour des UAPs (technologies humaines, IA, etc.), des OVNIs (Phénomènes, Anomalies), des Apparitions mariales, des Expérienceurs, Textes expérimentaux, Médias


     

    audio et textes:

    Gilbert Quélennec, des expérimentations musicales autour des UAPs (technologies humaines comme les UAS, UAV, etc. IA), des OVNIs (Phénomènes, Vies d'Ailleurs, Anomalies), des Apparitions mariales, des Expérienceurs

    Textes expérimentaux, Médias

     (version du 25.06.2021, qui a été revue et augmentée le 04.10.2026)

     

      voir mon profil sur le site de l'Association aéronautique et astronautique de France 3AF

    Pour aller plus loin et faire des différences entre les faux ovnis  (UAP, UAV, UAS, etc) et les vrais ovnis ( anomalies, phénomènes, etc.), voir le livre de Jérôme Huck et les ouvrages d'Eric Zurcher, de Massimo Teodorani, pour les abductions l'ouvrage de Nicolas Dumont, et pour les sciences sociales le livre Une histoire de la conquête spatiale: Des fusées nazies aux astrocapitalistes du New Space

    see also UAP and Culture Investigation, UAP Check, UAP Africa, UAP Show, Urdavex investigations

     

    Introduction

    Ce travail est une conséquence logique de mes musiques autour des phénomènes naturels, des technologies, de l'univers, j'ai simplement poussé plus loin pour chercher à faire des différences entre ce qui relève de l'humain (technologies, politique, géopolitique, « complexe militaro-industriel » , ce que le gouvernement US nomme actuellement des UAP) et les phénomènes qui sont identifiés comme venant d'ailleurs (dans son domaine Nathalie Cabrol évoque 1 % des cas).


    Gilbert Quélennec, musical experiments around UAPs (human technologies such as UAS, UAV, etc. AI), UFOs (Life from Elsewhere, Anomalies), of Marian apparitions, Experiencers

    Experimental texts, Media

    see my profile on the website of the French Aeronautical and Astronautical Association 3AF

    For further reading and to distinguish between false UFOs (UAPs, UAVs, UASs, etc.) and genuine UFOs (anomalies, phenomena, etc.), see Jérôme Huck and the works of Eric Zurcher and Massimo Teodorani; for abductions, the book by Nicolas Dumont; and for the social sciences, the book A History of the Space Race:From Nazi Rockets to the Astrocapitalists of New Space

    See also UAP and Culture Investigation, UAP Check, UAP Africa, UAP Show, Urdavex investigations

     

    Introduction

    This work is a logical extension of my music exploring natural phenomena, technology and the universe. I have simply taken this further in order to distinguish between what is human-made (technology, politics, geopolitics, the “military-industrial complex”, what the US government currently refers to as UAPs) and phenomena identified as coming from elsewhere (in her field, Nathalie Cabrol refers to around 1% of cases).

     


     


    Attribution Non-commercial No Derivatives
    Vous pouvez  acheter les enregistrements, à partir de ma page Bandcamp
    Vous pouvez également vous abonner sur mon compte Bandcamp
     

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    autour des UAPs (= technologies humaines )

    Pan 

    À changement de milieu    

     

    IA pour différents UAPs

    TT 


    Milabs

    Disparitions 

     

    autour des OVNIS , OANIS ( provenances d'Ailleurs )


    Des objets oublient le sol

    Nouveaux Arrivants

    Densification

    Un autre Tunnel

    Nuages Artificiels

    Partir de la Planète 56

    Une espèce imaginaire

    Des nouvelles de l'infra 


     Lumières

    audio: Gilbert Quélennec, des musiques et textes autour de Phénomènes Lumineux

     

    OVNIS et manifestations/disparitions/transmutations

     Mimétisme

    Imitation d'artefacts

    Départ

    Train​é​e lumineuse

    Déformation temporelle

    DT

     Projet Vide quantique — énergie du point zéro

    Vibrations du vide

    Un vide pas si vide


    Expérienceurs

     

     

    Intra-terrestres et Biosphère Fantôme

    Fantomatique biosphère

     texte: Gilbert Quélennec, Descends, voyageur audacieux (Descend, Bold Traveller)

     

    autour de l'hypothèse alchimique

     Texte: Gilbert Quélennec, Changement des propriétés de la matière (et matière énergétique) 

     

    interventions discrètes de Plans Supérieurs et/ou d'une science très avancée

     audio et textes: Gilbert Quélennec, Autour des Interconnectés (phénomènes, apparitions, contacts, coévolution) 

    autour de la communication 

     "Téléchargement"

    Gilbert Quélennec, Textes autour du "Téléchargement" ( + musiques autour du "Téléchargement" )


    autour des programmes comme le SETI, le METI :

    Gilbert Quélennec, Une Réponse

    Gilbert Quélennec, Signaux


    Multivers et Autres Densités (dimensions)

     Gilbert Quélennec, Un futur différent dans un autre univers 

    Gilbert Quélennec, P.S.F.

    texte: Gilbert Quélennec, Des mondes physiques qui sont liés au nôtre  


    autour des plasmas

     

    Antimatière

     
     

    Textes

    Gilbert Quélennec, Textes expérimentaux autour des Phénomènes 

     Gilbert Quélennec, textes autour de l' Émergence (de l'espace, de la non-localité, d'univers-bulles, de la gravité)

    Gilbert Quélennec, Influence 14: Les Anomalies 


    Voir également mes musiques à la Folk autour des Contes & Légendes

    audio: Gilbert Quélennec, des musiques autour des Contes & Légendes

     


    radio , youtube (médias)
     
     
    Un extrait de ma musique Chevaux de caractère est le générique de cette nouvelle émission de GlobalETs WRIGHT-PATTERSON EN 1942: JUNE CRAIN DIVULGUE (Version sous titrée français) , le 01.06.2026
     
    Vidéo: Mon interview Des phénomènes dans l'environnement, entretien avec David pour UrdaveX Investigation, 05.12.2025 , deux extraits de Réveil et de Promenade sur le littoral sont diffusés dans cette vidéo

    mon texte texte: Gilbert Quélennec, Immanence (présence partout et aspects spécifiques),  est également publié sur le blog L'Echo de la Source d'Olivier Bastille, 31 octobre 2025

    mon texte Changement des propriétés de la matière (et matière énergétique) est également publié sur le blog L'Echo de la Source d'Olivier Bastille, 19 octobre 2025


     
     
    Des nouvelles de l'infra et Fantomatique biosphère ont été diffusées dans mon entretien Entre son et Lumière  vidéo: Gilbert Quélennec, Interview Entre son et Lumière pour la chaîne youtube de Joëlle Vérain (autour des anomalies) , 7 août 2025
     
    L'intro de ma musique Apparition d'une Biche qui sert de Thème du Générique d' UAP et Culture investigation, depuis le  22.01.2025, a été diffusée dans mon entretien Entre son et Lumière  vidéo: Gilbert Quélennec, Interview Entre son et Lumière pour la chaîne youtube de Joëlle Vérain (autour des anomalies) , 7 août 2025. Apparition d'une Biche, a également été diffusée pendant mon entretien pour Guitare passion, émission de David Marnay , podcast de Guitare Passion sur Radio Présence (la Haute-Garonne, le Tarn , le Garonne, le Gers, le Lot, l’Aveyron, les Hautes-Pyrénées , l’Ariège et Pau); Guitare passion,  le 16 mai 2023 sur Radio Fidélité Loire-Atlantique : mardi 16 mai 2023 à 21h30 | mercredi 17 mai 2023 à 17h | samedi 20 mai 2023 à 6h | dimanche 21 mai à 11h30; rediffusion de Guitare Passion sur Radio Fidélité Mayenne : mercredi 17 mai 2023 à 5h15; vendredi 19 mai à 4h00; dimanche 21 mai à 13h0 
     
    youtube 24 janv. 2024 rediff:  DT a été diffusée dans l'émission Flèche sensible qui est dédiée aux musiques de création, par Jeff Lagoutte, sur Fréquence Paris Plurielle, le 20 septembre et rediff le 4 octobre 2020, puis sur youtube en janvier 2024
     
    Une Zone Chargée a été diffusée dans Gilbert Quélennec, entretien et 3 musiques dans l'émission Guitare Passion, par David Marnay sur Radio Fidélité Loire-atlantique, mardi 15 novembre 2022, à 21h30 | mercredi 17h | samedi 6h | dimanche 11h30, puis en podcast sur Radio Présence ( la Haute-Garonne, le Tarn et Garonne, le Gers, le Lot, l’Aveyron, les Hautes-Pyrénées et l’Ariège. Son programme est également reçu en FM sur Pau) le 21 novembre 2022 et en podcast; rediffusion sur Radio Fidélité Mayenne mercredi 23 novembre 2022 à 5h15; vendredi 4h00; dimanche 13h00 
     
    youtube: J'ai évoqué le projet Captations dans L'émission spéciale 13, Ufo Conscience, du 30 septembre 2022
     
    Intéresse toi au temps (extrait)  a été diffusée pendant mon entretien dans L’invité de la Rédaction,sur RCF, entretien par Christophe Pluchon, lundi 5 septembre 2022, à 12h15, puis en  Podcast: mon entretien dans L’invité de la Rédaction, sur RCF, par Christophe Pluchon, lundi 5 septembre 2022, à 12h15, à retrouver sur Youtube , sur Deezer, sur Apple Podcasts, sur Amazon, sur Spotify,

    Intéresse toi au temps et Déplacement sous terre, ont été diffusées dans émission Vous reprendrez bien un peu de sf? Par Remy Toularastel , sur Radio Evasion,  le vendredi 12 août 2022

    Il a été question des prochains enregistrements de ce travail autour des phénomènes à la fin de l'émission Guitare Passion, par David Marnay, sur Radio Fidélité, Mardi 29 mars 2022 à 13h30 ; rediff : Vendredi 1er avril à 5h30, et 13h30 ; Samedi 2 avril à 17h30, puis en podcast
     

    les textes lus: Deux espace-temps reliés  et  Émergence d'univers-bulles  ont été diffusés dans le Podcast: Gilbert Quélennec, Entretien par Jeff Lagoutte, pour son émission Flèche Sensible (émission de radio autour des musiques de création), sur Fréquence Paris Plurielle 106.3 FM
    1ère diff le 21 avril 2019, Rediff le 5 mai 2019, puis en Podcast

     
    DT et Lumièresont été diffusés dans l'émission Flèche sensible qui est dédiée aux musiques de création, par Jeff Lagoutte, sur Fréquence Paris Plurielle, le 20 septembre et rediff le 4 octobre 2020  
     
    mon émission sur Musique et Cosmos qui est le podcast le plus écouté de l'émission parisienne de création musicale Flèche Sensible 
     

     


    Voir également:  

    Gilbert Quélennec, Présentation et musiques du projet Intra-terrestres et Biosphère Fantôme 

    Gilbert Quélennec, Musiques et présentation du projet UniverS

    Gilbert Quélennec, Musiques et présentation du projet Captations

    Musiques et Textes du projet Boîte Noire par Gilbert Quélennec

    Gilbert Quélennec, musiques autour de l'archéoastronomie