Atelier de Gilbert Quélennec = ISSN 2556-5362


" En tous cas, je ne peux pas m'imaginer que les grandes formes anciennes (quatuor à cordes, symphonie, oratorio, etc.) pourront jouer un rôle quelconque. Si quelque chose advient, cela devra - je crois - être simple, transparent. "
Wittgenstein







mercredi 5 août 2026

Texte: Gilbert Quélennec, Le chant qui précède les mots

 

 

Texte

Gilbert QuélennecLe chant qui précède les mots 

Gilbert QuélennecThe Song Before Words 

texte du projet Autres Réalités 

 

 

Revue : L'Atelier de Gilbert Quélennec — ISSN 2556-5362 

Licence : Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0 (Attribution - Pas d'utilisation commerciale - Pas de modification)

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Gilbert Quélennec, Le chant qui précède les mots

 

Un son a précédé la musique. Ensuite est venu tout le reste.

On était couché. Quelque chose s'est fait entendre. L'immobilité n'a rien produit ; elle n'a rien empêché non plus.

Le temps a donné un contour à ce qui n'en avait pas. On appelle cela une œuvre. On ne sait pas ce que le contour a coûté pour exister.

Ce qui arrive de cette façon-là arrive fini. Personne ne le termine ; on le trouve déjà là.

Un rythme continue d'agir même quand le sens a disparu. Un homme qui ne comprend pas une langue peut sentir sa gorge se serrer en l'entendant chantée.

Le bruit occupe ce qui devrait rester vide.

Une syllabe a été répétée trois fois. Pour l'un, cela a marqué un passage. Pour l'autre, rien n'a eu lieu. Les deux, ensuite, se sont tus.

 


 

Gilbert Quélennec, The Song Before Words

 

A sound came before music. Everything else followed.

One was lying down. Something made itself heard. Stillness produced nothing; nor did it prevent anything.

Time gave a shape to what had none. This is called a work. What the shape cost to exist, no one knows.

What arrives in this way arrives finished. No one completes it; it is found already there.

A rhythm goes on working even once the meaning is gone. A man who understands nothing of a language may still feel his throat tighten on hearing it sung.

Noise fills what ought to stay empty.

A syllable was repeated three times. For one man, it marked a crossing. For another, nothing happened. Both, afterward, fell silent.

 

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voir également:   

texte: Gilbert Quélennec, L’état avant le nom

Texte: Gilbert Quélennec, Présences acoustiques sans origine 

musiques et textes du projet Autres Réalités, par Gilbert Quélennec

 

 

 

 

 

 


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